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La construction de la nouvelle église de Noville

Pêle-mêle de souvenirs recueillis auprès de Charles KÖHLER , Anatole PALIGOT & Antoinette DELSEMME – GILSON …

Les travaux de construction de la nouvelle église furent attribués aux entreprises PETIT de Bastogne pour un montant de ….

C’est à Louis DELSEMME et ses hommes que Mr PETIT confia la réalisation du gros œuvre. Deux rescapés de cette équipe, Charles KOHLER et Anatole PALIGOT ont accepté de livrer en vrac quelques souvenirs…

 

Qui étaient –ils ?

Outre Charles et Anatole, l’équipe comptait en ses rangs Joseph LEONARD et son fils René, Marcel SCHNEDER, Alphonse DECHAMBRE et Armel PALIGOT, tous de Cobru ; Alfred et Léon GEORGES de Compogne, Jules SCHUMACKER et Victor CORTINA de Bourcy.

  • Tonio , en bon italien, égayait le chantier par ses chansons et il n ‘était pas rare de voir l’une ou l’autre admiratrice au pied des échafaudages, venue écouter l’artiste.
  • Charles, lui, était passé maître dans l’art du sifflet. Comme il se trouvait sur son échafaudage aux cotés du patron, il se faisait souvent rabrouer par le grand Louis qui n’appréciait guère le talent de notre pinson. «  Téch-tu , ès travaille ! ».

Quelques anecdotes

  • Les pierres de la façade provenaient d’une carrière de Hardigny, carrière qui appartenait à Louis DELSEMME et qui fut revendue à Mr JACQUEMIN d’Houffalize. Une grande partie des matériaux étaient du réemploi (église et presbytère détruits pendant l’offensive ).
  • Un mur thermo fut construit côté pluie.
  • C’est Charles qui construisit la base du clocher et plus spécialement la partie du mur dans lequel fut scellée la première pierre.
  • Les travaux de rejointoyage étaient confiés Armel et à Charles.

Les échafaudages étaient réalisés en bois : c’étaient de grosses perches de sapin liées les unes aux autres pour les allonger.

On peut imaginer la précarité du système et le  "mal de l’air " des deux artistes chargés du travail, surtout lorsqu’ils étaient juchés à une hauteur de plus de 20 mètres !

  • Pour consolider le tout, sur les conseils éclairés de Charles, Louis DELSEMME fit fabriquer par Marcel EVRARD, le maître forgeron de Foy, des ferrailles bien particulières qui devaient assurer une plus grande sécurité à nos jointoyeurs équilibristes.
  • À noter aussi que les seaux de mortier étaient hissés sur les échafaudages au moyen de longs cordages.
  • La construction du chœur demandait un soin particulier.

Un samedi - à cette époque, on ne connaissait pas encore la semaine de 5 jours, Armel et Charles, sur leur échafaudage, assistaient de loin au mariage de Roger GIRS et de Simone FELTEN. Lorsque le cortège regagna la maison de la jeune mariée, (aujourd’hui la maison RIGAUX), Charles, qui avait emporté son pistolet d’alarme, tira quelques coups de feu en l’honneur des jeunes époux… Cinq minutes plus tard, Roger rejoignit nos deux loustics sur leurs madriers armé d’une bouteille de péket qu’ils ne consommèrent pas avec modération !.

  • Heureusement, l’arrondi du mur n’en souffrit pas trop.

(L’abbé GLAUDE, qui avait assisté de loin à ces libations dangereuses, tournicotait, inquiet, au pied des échafaudages, avait sans doute trouvé la prière efficace pour alerter les anges gardiens de nos intrépides maçons !.

Salaire et conditions de travail

  • Le salaire horaire moyen d’un maçon était à l’époque d’environ 25 francs (6.25 €).
  • La pause de midi (une demi heure) était encore bien souvent abrégée ; il fallait éviter que la "mâche " durcisse et devienne inutilisable.
  • Louis DELSEMME possédait un monte charge : finie la corvée de l’oiseau pour monter pierres et mortier.

Mais il n’était pas rare de voir le grand Louis empoigner une, voire deux pierres de taille, les poser sur son épaule et escalader les grandes échelles en bois, (fabriquées par Jules MULLER), qui pliaient dangereusement sous la charge.

L’ange gardien de Louis a souvent eu aussi des sueurs froides…
 
Et puis le coq chanta . . .
  • A la fin des travaux, les maçons furent associés aux « shaïteux » pour montrer le nouveau coq aux habitants de la paroisse ; ils firent le tour de toutes les familles pour faire admirer le bel oiseau doré et pour recueillir les généreuses "dringuelles" qui leur permirent de faire une fête mémorable.

(Propos recueillis par Louis Galderoux – septembre 2005)

2003

Extrait de la "Feuille paroissiale de Noville" - semaine du 12 au 19 août 1973 :
"Dimanche 17 août: Fancy-Fair des jeunes de la paroisse :…. (détails pour l'organisation). Cette Fancy-Fair sera en grande partie organisée dans le but de permettre de commencer la réalisation du projet d'aménagement en parc-pelouse du vieux cimetière de Noville."
Extrait de la "Feuille paroissiale de Noville" - oct/nov 88 :
L'an dernier on a essayé de rendre au vieux cimetière de Noville une atmosphère recueillie en y plaçant un autel et en y redressant d'anciennes croix. Il serait bon d'en continuer l'aménagement. Ce lieu contient les cendres de tant de générations qui nous ont précédés et il a droit à notre vénération et à notre respect. Les collectes faites à Noville durant les offices de la Toussaint serviront à payer la continuation de cet aménagement.
Extrait de la "Feuille paroissiale de Noville" - 29/10 au 5/11/89 :
Depuis deux ans, on a essayé de rendre au vieux cimetière de Noville une atmosphère recueillie en y placant un autel et en y redressant les anciennes croix . Ce lieu contient les cendres de tant de générations qui nous ont précédés et il a droit a notre vénération et a notre respect. D'autre part, on utilise maintenant ce lieu comme reposoir lors de la procession du saint sacrement et comme point de départ de la procession le jour de la profession de Foi. On pourrait aussi envisager l'éventualité d'y célébrer la messe en plein air lors de la belle saison et d'y placer une statue de la vierge afin d'y réciter le chapelet au mois de mai. Les collectes faites à Noville durant les offices de la toussaint serviront à payer la continuation de l'aménagement et notamment l'achat de quelques bancs extérieurs.

L'autel

La table d'autel

 

Visité le 09-07-89.

Par un accès pratiquement invisible de la route, (*) on accède, derrière les maisons, à un terrain herbeux de 41 m x 44 m, qui domine les maisons situées en contre-bas. Ce sont celles situées sur le chemin qui venant des Ets Leroy-Gauthier, descend vers la route de Bastogne à Houffalize, à côté de l'ancienne station d'essence de Raymond Rollus.

 
 

 Au centre est dressé un autel de pierre bleue. Sur la table (en vielle pierre) de cet autel est gravée l'inscription suivante:"Cette table d'autel est celle de l'ancienne chapelle" (**). Elle est surmontée d'une croix récente en pierre également, et encadrée de deux chandeliers de pierre également. Derrière cet autel ont été dressées deux croix (***). L'une la plus ancienne, est en schiste, en assez bon état, et date de 1915. L'inscription est encore bien lisible. L'autre, en pierre bleue, est beaucoup plus récente, et l'inscription est pratiquement illisible. C'est absolument tout !...

 

 

Croix 1

Croix 2

 

point de départ de la procession,
le jour de la profession de Foi du 8 mai 2003.

 

COMPLÉMENT D'INFORMATION:
* il s'agit du début de la route de Noville à Bourcy, encore dans l'agglomération a coté du n° 34.
** Texte sur la pierre d'autel :"Ceci/est la pierre d'autel/de l'ancienne église/de Noville". cette pierre de schiste, aux bords cassés, repose sur une pierre bleue un peu moins grande qui repose elle-même sur un cube de même pierre et le tout sur un socle de béton de forme circulaire.
*** Croix 1 : pierre bleue du XXe S. Illisible.
*** Croix 2 : en schiste de 1915. Erigée en souvenir de la famille BAUDOIN : père + Cobru en 1891 à 66 ans ;mère . . .rnoule + Cobru 1915 à 40 ans ; fils François + Bruxelles en 1915 à 40 ans. Monument signé "Guebels" de Bastogne. Très bonne facture et conservation : crucifix sculpté au centre et surmontant une tête d'angelot ailée.