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Mardi 19 décembre 1944.

Vers minuit trente, le team Desobry commence son déploiement à Noville, et deux heures plus tard, le Major Desobry et le gros de ses troupes installent des barrages sur les routes d’accès au village.

Après une brève halte à Bourcy, la 2e division Panzer fait route vers le carrefour de Noville. Vers 5 heures du matin, un bref combat a lieu entre le groupe de reconnaissance allemand et un poste avancé sur la route Noville – Bourcy. Mais les Allemands font un mouvement pour attaquer directement au nord de Noville. A 6 heures trente, sur la grand-route, le Sergent Major Jones tient un barrage routier. Des chars allemands s’approchent, il ouvre le feu le premier sans succès. La réplique est vive et ses deux chars sont détruits par trois tanks allemands qui repoussent la section vers le village. Le barrage installé sur la route de Vaux est également abandonné. Un canon tirant de la route d’Houffalize détruit six véhicules au centre de Noville.

A 8 heures du matin, le team Desobry avait déjà engagé deux combats avec l’ennemi. Au milieu de la matinée, le brouillard se lève et sous les yeux des hommes de Desobry apparaît une nuée de Panzers qui progressent vers le village. Desobry se rend compte qu’il a en face de son team une division blindée complète. Il voyait que le village se situait entre des crêtes et que sa défense était difficile voire impossible.

Vers 10 heures trente, le combat s’engage et un tir de barrage, utilisant tous les canons, bazookas et mitrailleuses disponibles casse l’avancée allemande. Roberts, le brigadier général Higgins et le colonel Sink décident d’envoyer le 1er bataillon du 506e en renfort à Noville tandis que les 2e et 3e bataillons s’installent à Foy.

Le Major Desobry a demandé de pouvoir quitter Noville. Roberts lui apprend que des renforts arrivent et Desobry répond:  « Je vais préparer une contre-attaque. » Vers 13 heures trente, le premier bataillon du 506e, sous les ordres du Lieutenant Colonel La Prade arrive à Noville.

Vers 14 heures trente, l’attaque est lancée par les Américains mais elle est stoppée net. Les fantassins se maintiennent au bas de la colline en face du village de Vaux mais les hommes doivent reculer.

Les Allemands contre-attaquent avec seize chars. Les tirs américains font reculer les Panzers tandis que Noville est en flammes. La visibilité est nulle et les Américains se retranchent vers Noville.

Higgins arrive à Noville et il promet des renforts pour le lendemain. Une conférence entre La Prade, le Colonel Sink, le Major Desobry et le Major Harwick a lieu et pendant cette conférence un obus de 88 mm traverse une énorme armoire et tue La Prade alors qu'un éclat blesse Desobry à la tête. Desobry est évacué vers l’hôpital de campagne de la 101e à la Barrière– Hinck où il sera fait prisonnier.

Harwick se trouve en charge de la défense de Noville et Hustead remplace Desobry.

Toute la nuit, Noville est bombardée par l’artillerie allemande. Deux tanks essaient d’investir le village mais ils seront détruits. Les Américains tiennent bon. Sink et Higgins demandent à Mc Auliffe l’autorisation de se replier vers Foy. Middleton refuse mais la nuit, le 506e se replie vers Foy.

Noville encerclé, Mc Auliffe ordonne d’attaquer Recogne et de joindre Noville pour rompre l’encerclement. Noville doit être abandonné: on ne peut pas sacrifier plus d’hommes.

Peu après midi, on prépare l’évacuation de Noville. L’ordre de repli arrive vers treize heures. Après de nombreuses pertes, la colonne qui évacue arrive à Foy à la tombée de la nuit. La colonne continuera son retrait jusque Bastogne.

Les pertes sont énormes, il reste quatre chars sur quinze et le 506e a perdu treize officiers et cent nonante-neuf soldats à Noville. Les Allemands ont perdu dix-sept Panzers et trois Mark IV. Vingt-cinq autres sont endommagés. Un bataillon entier de grenadiers est décimé et cent quarante-deux sont prisonniers. Ce 20 décembre, Noville fut occupé une nouvelle fois par les Allemands.

Avant ces événements, Noville comptait quarante maisons ; après, trente étaient détruites et dix étaient inhabitables…

Norbert Léonard témoigne: « Nous arrivons maintenant au grand carrefour de Noville sur la route de Liège. Là, c’est la désolation; tout n’est que ruines. Notre belle église n’est plus qu’un amas de pierres et de briques et, des gravats amoncelés, dépassent de gigantesques pierres de taille qui, comme des doigts levés, demandent grâce au ciel. Sur le parvis et devant la maison communale, des voitures et des chars éventrés sont entrelacés comme pour un corps à corps. Beaucoup de cadavres gisent un peu partout; c’est un spectacle dantesque qui s’offre à notre vue. »

Durant cette bataille,le carrefour de Noville qui a été repris successivement cinq fois par les forces en présence était considéré comme point stratégique tout aussi important que l’un de ceux de Bastogne.

Les bombardements détruisirent complètement le village. Il n’y avait plus d’église ni de presbytère; toutes les tombes du cimetière étaient éventrées ou presque; maison communale, écoles,habitations tout était saccagé dans la tourmente.

Le 20 décembre 1944.

A Noville, le team Desobry et le premier bataillon du 506e étaient la position la plus éloignée de Bastogne.

Dans la nuit du 20 au 21 décembre, les 77e puis 78e Regiments de la 26e volksgrenadier Division s’installent dans Noville.

A Foy, le troisième bataillon du 506e a consolidé ses positions. A cinq heures du matin, les Allemands sont prêts à attaquer et à 5 heures trente l’artillerie allemande arrose le village. Peu après 7 heures, deux chars allemands arrivent de la route d’Houffalize. Ils entrent dans le village et s’arrêtent à côté d’une maison. Armée d’un bazooka, une patrouille américaine tire sur les tanks. Le premier prend feu et le Sergent Lesniak, dans son Sherman, détruit le second à bout portant. Un troisième char allemand tire quelques coups et endommage le Sherman de Lesniak. Les Allemands envoient un feu roulant: six Panzers avancent et sont arrêtés par des chasseurs de chars.Les Shermans n’ont plus d’obus.

Un Tigre Royal entre dans le village, un feu nourri de Lesniak le fait reculer rapidement. Dans sa manœuvre, il écrase une jeep et s’arrête après avoir escaladé un half-track.L’équipage du Tigre s’enfuit dans le brouillard.

Vers 8 heures, à Foy, le troisième bataillon est attaqué par des chars et l’infanterie blindée. Ils tiennent jusque 10 heures trente puis évacuent sur la colline. Noville est encerclé sans espérer un secours de Bastogne.

Les blessés sont nombreux, les deux postes médicaux sont submergés. La situation est critique. Mc Auliffe est inquiet. Quel prix devra-t-il payer pour conserver cette position?

Le Tigre Royal a été détruit par les défenseurs de Noville. Dans le brouillard épais, la visibilité ne dépasse pas cent mètres, on entend des bruits de chars. C’est une progression de Panzers. Le combat dure deux heures mais on tire au jugé vers des bruits sans voir ni savoir ce qui se passe.

Lorsque le brouillard se lève, les Américains voient quinze Panzers dont quatre sont détruits.

Le 23 décembre, Noville est bombardé par l’aviation tactique américaine.

Le 02 janvier, les Américains nettoient le bois Jacques pour tenter de rejoindre Noville.

Le 15 janvier, venant de Cobru, libération de Noville par les chars du CC ´´B´´ de la 11e ArmD et les paras du 2/506 PIR.

 

A mi-chemin entre Bastogne et Houffalize, Noville n'était occupé en 1944 que par environ 250 personnes. Avec ses hameaux, on en arrive à 1300 habitants, mais sa situation géographique, entre deux endroits ou la bataille fut assez violente lui valut d'être particulièrement éprouvé.
Sur 40 maisons, 30 furent détruites et 10 inhabitables. Là, furent également fusillés 7 habitants pris au hasard.

Aux premières heures du mercredi 20 décembre la bataille faisait rage aux abords du village. Les Allemands attaquaient sans répit. Une véritable pluie d'obus s'abattait sur les maisons au nord de la route.
Vers 16 heures, les Américains furent contraints de se replier. Dans la soirée, les Allemands pénétraient dans la localité parmi les ruines fumantes des fermes et des maisons. Les habitants qui n'avaient pas fui s'étaient réfugiés dans les caves. A chaque explosion, ils croyaient que leur dernière heure était venue. Durant la nuit, plusieurs d'entre eux quittèrent Noville pour aller se cacher dans les bois voisins. Ce fut le cas de Mr Beaujean et de sa famille. Le lendemain ils revinrent au village. Les Allemands en profitèrent pour faire une rafle, ramassant tous les hommes qu'ils trouvaient

Mr Fernand Beaujean raconte :
« Ils m'ont dit : montez là-haut, c'est à dire vers le centre du village. Un soldat alsacien m'accompagnait. Quand je suis arrivé près de la maison communale, on m'a poussé vers un groupe d'hommes qui y étaient déjà rassemblés, une vingtaine en tout. Puis, en rangs serrés, trois par trois, les soldats nous ont conduits devant la maison communale. Là, ils ont choisi au hasard sept hommes : le curé Louis Delvaux (45 ans), l'instituteur Auguste Lutgen (45 ans), les deux frères François et Félix Deprez (30 et 35 ans), Joseph Rosière (35 ans), Romain Henquinet (42 ans) et mon fils Roger Beaujean (21 ans).
D'une voix rude, l'un des Allemands se tournant vers nous, cria : « Vous autres, vous pouvez partir. »
Ils parlaient le français correctement, étant tous d'origine alsacienne. J'ai entendu qu'ils disaient aux sept hommes : « croisez les mains derrière la tête et suivez-nous. »
J'entendis encore un soldat qui demandait à son chef : « Où est-ce que nous allons faire ça ? »
Et l'officier montrant du doigt un immeuble en ruines, voisin de l'église répondit : « Là, derrière. »
Je marchais lentement, anxieux, me dirigeant vers ma maison. Les sept hommes suivaient. Ils furent conduits derrière chez Jacoby. J'entendis soudain un coup de feu.
Je me retournai et je vis chanceler le curé qui venait d'être abattu par l'officier d'un coup de revolver. Puis, une fusillade éclata et je vis tomber les six autres victimes, dont mon fils. Je suis rentré chez moi atterré. »
Un détail a été fourni par d'autres témoins de Noville : Tous les soldats allemands portaient sur le casque un écusson aux couleurs françaises.

(ndlr : les casques allemands avaient également un écusson,  dont les couleurs usées pourraient ressembler aux couleurs françaises. Il n'y a pas eu, à ma connaissance de casques spéciaux avec des écussons des nationalités ayant combattu sous les couleurs allemandes, ces écussons étant plutôt cousus sur les vareuses, comme la division « Charlemagne », ou la « Wallonien »)

Lorsque plus tard, lorsque le dégel fit fondre la couche de neige qui recouvrait les cadavres des suppliciés, on constata qu'un huitième corps se trouvait parmi ceux des sept victimes de Noville. On put l'identifier. Il s'agissait de Michel Stranen, de Troine (Grand Duché de Luxembourg). Rattrapé sans doute par les Allemands alors qu'il cherchait à se mettre à l'abri, il fut exécuté.

Depuis 1980, des enregistrements vidéos d'abord sur cassettes vidéos et ensuite sur DVD subsistent. Après un long travail de recherches, de récupérations et de transformations, une douzaine de clips sont visibles sur les 2 vidéos du mémorial. Cette liste évoluera en fonction des nouvelles récupérations. Si vous en possédez encore, merci de nous les prêter pour une éventuelle copie !

 

Vidéo 1 - Choisissez et regardez une vidéo !

Dans les caves de l'école – Décembre 1944 durée : 00:05:18

En 1994, dans l'émission « Jours de Guerre », Yvan Sévenans (RTBF) questionne les occupants de la cave de l'école à Noville en décembre 1944.

Hansel Lardinois et Franck Ménart durée : 00:06:56

En 1994, dans l'émission « Jours de Guerre », Yvan Sévenans (RTBF) rapporte les propos de 2 GI's américains.

Le cahier à Louis durée : 00:14:12

En 1945, dans un cahier, Louis, du haut de ses onze ans, raconte son vécu pendant la bataille des Ardennes.

Massacre de Bande – Fernand Girs (21ans) – Georges Girs (20ans) durée : 00:10:28

En 1994, dans l'émission « Jours de Guerre », Yvan Sévenans (RTBF) commente « Le Massacre de Bande ».

Noville : Le Général Desobry revient (1989) durée : 00:22:48

En 1989, Le Général Desobry est revenu pour la dernière fois à Noville et raconte tous les détails de la défense et de la résistance de ses troupes en décembre 1944.

TVlux – Décembre 2004 – Un mois en enfer durée : 00:04:54

Le 21 janvier, la Gestapo s’apprête a commettre l'irréparable. Une habitante de Vaux voit pour la dernière fois le curé de Noville, l'abbé Delvaux.

Trois Jean(ne)-Marie – Cave Braquet durée : 00 :06:37

Jeanne-Marie Maboge – Jean-Marie Mathieu – Jean-Marie Lutgen.

En 1944, ils avaient 6 ou 7 ans. En 2004, ils visitent le mémorial puis la cave Braquet dans laquelle leurs familles s'étaient réfugiées en 1944.

 

Vidéo 2 - Choisissez et regardez une vidéo !

Commémorations 70 ème à Noville – Décembre 2014 durée : 00:07:53

Commémorations à Noville - Office religieux , hommage aux fusillés et inauguration du monument Desobry.

80 ans de bons curés durée : 00 :15:37

L'abbé Delvaux, l'abbé Boeur, l'abbé Glaude et l'abbé Lambert nous sont contés.

Alden Todd – la clochette de la chapelle de Foy durée : 00:13:26

En 1944, de passage dans la chapelle de Foy détruite, le soldat américain Alden Todd emporta une clochette d'enfant de chœur. Il la rapportera le 16 décembre 1984. Il revint souvent à Foy. Décédé en 2006, ses cendres ont été dispersées auprès de son arbre, au « Bois de la Paix ».

Foy – Diaporama durée : 00:11:44

En 2 séquences :

  • Efforts de Mémoires

  • Photos de Foy durant la bataille des Ardennes

La cave – 2004 – Diaporama durée : 00:15:00

En 2004, dans le cadre des commémorations de l'offensive des Ardennes, la troupe théâtrale de Noville à présenté « La cave », racontant la vie de civils terrés dans les caves pendant l'offensive, une création de Francis Genon.

Les 75 ans de l'Abbé Bernard Lambert durée : 00:13:42

Le 18 septembre 2005, tous les paroissiens de Noville s'était réunis pour fêter l'abbé Lambert, leur dernier curé.

 

NOVILLE - 21 décembre 1944.
(D'après la commission des crimes de guerre).

 

Les faits
Après le repli des Américains qui défendirent Noville, les troupes allemandes pénétrèrent dans le village et rassemblèrent une vingtaine d'otages en son centre. Entre 8 et 9 heures du matin, deux officiers et un sous-officier parlant correctement le français interrogèrent des villageois au sujet de la "Résistance".
Parmi les otages, "quelques hommes furent choisis au hasard et conduits à la maison communale pour y être interrogés. (...) L'instruction était menée par un major et un interprète qui portaient tous deux les signes distinctifs des S.S. et parlaient correctement le français.
L'interrogatoire terminé, les otages souffrirent une humiliation gratuite. Emmenés non loin de la route principale, ils durent, pendant un quart d'heure environ, ramasser de la boue avec les mains avant d'être ramenés à la maison communale où cinq hommes, parmi les plus jeunes, furent choisis. "Le curé et l'instituteur durent se joindre à eux. Les autres furent autorisés à regagner leur domicile".
"A un moment donné, l'officier allemand qui présidait à ces opérations s'empara d'une mitraillette et dit aux sept victimes: "Placez les mains derrière la tête et suivez-nous". Un soldat s'approcha de son chef et lui demanda en français: "Où allons-nous faire cela?" L'officier lui répondit dans la même langue: "Nous irons là derrière", tout en désignant les ruines de la maison Grégoire, le long de la route de Bastogne à Houffalize".
L'un des otages libérés regagnait son domicile quand il entendit claquer un coup de feu. "Il se retourna et vit chanceler le curé de Noville, sur lequel venait de tirer l'officier commandant le peloton d'exécution. Au moment où le prêtre s'affaissait, de nouveaux coups de feu retentirent, et les six autres victimes tombèrent à leur tour".
Les victimes
"Voici quelles furent les victimes du massacre de Noville: MM. l'abbé Louis Delvaux, né en 1894 ; Emile Rosière, né en 1910 ; Auguste Lutgen, né en 1899 ; René Deprez, né en 1910 ; Germain Deprez, né en 1915 ; Romain Henkinet, né en 1905 ; Roger Beaujean, né en 1923.
Toutes ces personnes furent abattues d'une balle dans la nuque. Elles furent toutes dépouillées de leur portefeuille". (...) Le même jour, un jeune Luxembourgeois réfractaire au service militaire, Michel Stranen, "fut passé par les armes au même endroit".
Les coupables
"Les villageois sont unanimes à déclarer que les assassins devaient être des S.S. français, car l'écusson ornant leur casque était peint aux couleurs françaises. De plus, certains ajoutent: "c'étaient bien des volontaires français" et que "tous les soldats participant au massacre parlaient couramment le français" un ex-otage rapporte que les soldats qui l'ont capturé "connaissaient tous bien le français".
Au soir de ce 21 décembre, un soldat allemand déclara au secrétaire communal que c'était la "Gestapo" (1) qui avait exécuté les sept personnes "parce qu'on avait trouvé un poste émetteur dans le clocher de l'église. (...) Il y a tout lieu de croire qu'il s'agit d'une légende créée pour les besoins de la cause, laquelle, (...) devait servir à justifier les atrocités commises (...)". A Noville comme ailleurs, jamais "les Allemands n'ont apporté la preuve qu'ils avaient découvert un appareil de ce genre. Il n'en fut d'ailleurs jamais question au cours des simulacres d'interrogatoires auxquels ils astreignirent préalablement leurs victimes"
(1) - Avant la guerre, et jusque vers son milieu, la S.S. et la Gestapo se composaient exclusivement d'Allemands soigneusement sélectionnés. Au fur et à mesure de l'augmentation des pertes allemandes des étrangers, engagés volontaires dans les rangs allemands, y furent affectés. Ces unités opéraient sur l'arrière de l'armée régulière en éliminant des résistants imaginaires plutôt que réels.
L'enclos des fusillés
(D'après M. E. Massen)

Noville libérée, MM. Louis, médecin à Bourcy, Lecomte, bourgmestre de Noville et Massen, secrétaire communal f.f., identifièrent les corps entre le 25 et le 30 janvier 1945. Ceux-ci, avant d'être déposés dans des cercueils, gisaient, à peine recouverts de terre, dans trois trous d'une quarantaine de centimètres de profondeur.

Comme le nouveau cimetière - dont les travaux d'aménagement débutèrent en 1943 - était terminé, les victimes y furent immédiatement inhumées de part et d'autre de l'allée centrale.
Après l'exhumation des corps, les trois trous restèrent béants et au printemps 1945, par respect pour la mémoire des fusillés, l'endroit fut provisoirement clôturé de fils barbelés et les trous comblés. Au retour des prisonniers de guerre, Noville étant pratiquement rasée, une cérémonie patriotique se déroula à cet endroit ; des croix de bois provisoires y furent alignées.
La clôture se dégrada de plus en plus. Encore sous le choc et après avoir paré aux urgences de l'heure, les habitants de Noville furent d'avis qu'il "fallait faire quelque chose".
À l'initiative de l'Administration communale, de M. l'abbé Glaude, doyen, et des habitants de Noville, bref à l'unanimité, la conservation définitive du site fut décidée et la création de l'enclos tel que nous le connaissons aujourd'hui réalisée en octobre 1951. Le muret d'enceinte est l'oeuvre de Louis Dourte, jeune entrepreneur qui se procura dans l'ancien cimetière les grilles couronnant le mur ; Cléo Bemard exécuta le monument proprement dit ; l'Administration loua les lieux pour un franc symbolique et prit les mesures nécessaires à la conservation du site. Le financement de ce mémorial fut assumé par les villageois eux-mêmes.
De même que les tombes américaines à Recogne, adoptées par des enfants et leur instituteur, l'enclos fut longtemps l'objet de leurs soins attentifs.

E. Ce plan a été décalqué par Maguy Marenne le 2 mars 1998 au bureau de l’urbanisme de la commune de Bastogne (photocopies interdites). Il figure dans l’atlas de communications vicinales de la commune de Noville. Voici les constructions qui y figurent déjà :

    1. L’ancienne chapelle qui occupait une orientation et un emplacement différent de l’édifice actuel.

    2. Ce petit bâtiment à l’angle aurait été l’école.

    3-4. La série de bâtiments situés dans l’angle SO du carrefour était probablement propriété de la famille Koeune, plus tard divisée d’une part en Koeune-Sulbout et d’autre part en Cordonnier-Koeune.

    5. La grosse ferme Mathieu et ses dépendances (incendiée en décembre 44)

    6. La maison Goffin, probablement la plus ancienne construction encore existante

    7. La maison de Jean Evrard « la vieille forge ». Démolie après l’offensive.

    8. La ferme Gaspard-Koeune puis Thiry-Gaspard (actuellement Robert Thiry).

    9. La maison Pierre Delsat aujourd’hui occupée par Ersilia Georges.

   10. Plus ou moins à l’emplacement de la maison de Philippe Paquay, se trouvait la ferme Collard, vendue aux époux Victor Paquay-Dumont (anéantie en 44-45).

F. Chapelle Sainte-Barbe, photo prise en 1946. Remarquer, sur le mur, le signe D/2 qui fait référence à la Dog Company, 2e Bataillon Rangers qui bivouaquait entre Foy et Recogne en octobre 1944. À l’avant plan, une des quatre bornes-fontaines, en fonte, à côté de deux grands abreuvoirs de pierre.    (Reproduction Joël Robert)

G. La Croix Sainte-Barbe. À gauche l’original au pied d’un des deux hêtres séculaires et à droite la nouvelle croix à l’abri d’un jeune hêtre et d’un jeune chêne qui l’attendaient. Elle a été inaugurée le 17 septembre 2006 par M. le Doyen Lambert à l’initiative des habitants de Foy. Sa restauration est l’œuvre d’André Bastin de Foy. Le sommet de cette colline (535m), en bordure de l’actuelle N30, était autrefois un site bien connu des voyageurs. En 1877 l’instituteur du village M. Auguste Baltus écrivait : « on peut signaler deux gros hêtres, trois fois séculaires, s’élevant majestueusement au sud de Foy, le long de la route Bastogne-Houffalize ; ces arbres, que l’on découvre à plus de 20 lieues de distance, sont appelés arbres Sainte-Barbe, parce qu’ils sont la propriété de la chapelle de Foy dont Sainte Barbe est la patronne ».    (Tandel – Les communes luxembourgeoises.) (Doc. Maguy Marenne)

H. École de Foy 1931. On reconnaît Monsieur le Maître Victor MARENNE (27 ans) avec 41 enfants. La photographie a probablement été réalisée par l’instituteur, photographe amateur. Remarquez les deux traces de pinces sur le bord supérieur.   (Doc. Maguy Marenne)

I. L’ancienne école, photos prises en 1945. À gauche façade avant sur la grand-route ; à droite, côté cour, façade vers Bastogne.    (Doc. Maguy Marenne)

J. Reproduction d’une peinture de la « Vieille Forge », ancienne demeure Degives et Evrard. Œuvre réalisée après l’offensive par un oncle de Mme Olivier. On notera les  poiriers en espalier sur la façade, les réparations de fortune de la toiture et à l’avant plan une des « bornes » du village où on pouvait s’approvisionner en eau potable. (Doc. Maguy Marenne)